De Hélène Prevost et Dominique Durvin
Direction artistique et mise en scène : Jean-Pierre Lanfranchi
« La pièce parle d’une période un peu oubliée de l’histoire de la Corse où l’île est en pleine possession de ses moyens humains. Les villages sont encore le lieu de la vie, d’une organisation sociale vieillissante mais en pleine activité. Les lieux de lessive (i lavatoghji) représentent des lieux de liberté pour les femmes. Elles y passent des moments intenses où elles se retrouvent, elles qui sont souvent consignées aux tâches de la maison et de ses abords. En effet, les hommes y sont interdits, eux, leur autorité et leurs règles. Alors la parole prend toute sa place. Les langues se délient, les réputations se font et se défont. On rit, on pleure, on chante, on vit quoi. De l’humanité à même la source coule dans ces paroles car quand les gens simples, les laborieux du Nord ou d’ailleurs parlent, c’est de la Corse dont ils parlent, de nous, de nos parents, de nos aïeux, de nos petites histoires. Et rien n’est plus apaisant de savoir que nous faisons partie d’un tout qui nous dépasse, nous transcende et qui nous lie au-delà de nos différences. Le devoir de mémoire devrait mettre à son répertoire toutes les histoires humaines qui nous rappellent qu’au fond nous sommes tous les mêmes.
Nous voudrions que toutes les langues disent ces mots car ils sont ceux du peuple, des peuples. Alors, en créant U lavatoghju, nous voudrions faire un cadeau à notre petite langue qui s’essouffle et se désespère de ne plus parler de ceux qui l’ont faite. »
JP Lanfranchi
Cette pièce de Dominique Durvin et Hélène Prévost a reçu le prix spécial d’Avignon off et le premier prix du festival d’Edimbourg.
Elle a été traduite en Angleterre, aux USA, en Italie, en Suisse germanique, en Finlande, en Suède, en Hollande (dans une très vieille langue qui existait avant les invasions saxonnes), en Chine… et maintenant en Corse